LE MIMÉTISME DES OVNIs : LE VERDICT
Par Fabrice BONVIN
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« Ce que les ufologues appellent “ le mimétisme ” est une réalité. Les OVNIs prennent une forme qui est en accord – ou qui dépasse de peu – notre technologie du moment (…). C’est un fait indiscutable qui ne peut être ignoré. Or, cet aspect de l’énigme est étouffé, dissimulé »
L’ufologue britannique Jenny Randles1
L’histoire des OVNIs est antérieure à 1947. Depuis l’aube de l’humanité, l’homme a observé des phénomènes qu’il n’a pu identifier. Les croyances, les superstitions et les dogmes religieux ont longtemps fourni une grille de lecture pré-formatée aux spectacles célestes : les « dragons » rendaient compte des comètes, les « puissances divines » des aurores boréales, etc…
Le siècle des Lumières s’est progressivement débarrassé de l’obscurantisme religieux. Alors que la Science pris le pas sur le Religieux, les acquis scientifiques sont venus à bout des prodiges d’antan. D’un grand nombre, mais pas de tous !
Car une partie non-négligeable de la population continue d’observer des phénomènes non-identifiés, dont les descriptions se recoupent : tous rapportent des engins en forme de soucoupe, de cigare ou ovale. Il apparaît même que ce phénomène s’est intensifié dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce qui semble coïncider avec l’explosion de la première bombe atomique. Il s’agit du phénomène OVNI.
Ainsi est née l’ufologie, la discipline qui entend étudier les comptes rendus d’OVNIs. Les réflexions se sont rapidement orientées vers l’origine du phénomène. Et comme, dans ce milieu, les conclusions semblent primer sur la réflexion, beaucoup ont souscrit à des théories qui répondaient davantage à leurs prédispositions mentales qu’à une analyse rigoureuse des données.
Rapidement, une majorité de chercheurs ont adopté l’hypothèse extraterrestre (HET), proposant que les OVNIs proviennent de planètes voisines, voire plus ou moins lointaines. A force de vouloir prouver la provenance extraterrestre des OVNIs, de nombreux chercheurs favorables à l’HET ont ignoré, occulté, éliminé des données qui n’entraient pas dans leur cadre théorique. Au lieu de réévaluer la prémisse de l’HET, beaucoup ont préféré ignorer les informations gênantes.
Parmi celles-ci figure la faculté des OVNIs à mimer leur environnement. Certains parlent du mimétisme des OVNIs. Pour ma part, j’ai baptisé cette faculté le « mimétisme OVNI », même si on devrait plutôt parler d’imitation, comme on le verra plus loin.
Malgré d’excellentes recherches sur la question, beaucoup continuent de penser – à tort – que le phénomène OVNI date de 1947. Ils ont donc étudié le dossier en se basant sur des observations postérieures à cette date. Malheureusement, ce biais – ou cette croyance – les prive d’informations riches en enseignement sur le phénomène OVNI. Car l’étude des observations antérieures à 1947 montre clairement que le phénomène s’inspire du Zeitgeist pour régler ses manifestations. Autrement dit, il prend compte des croyances, de l’ « aire du temps », des conceptions humaines pour apparaître aux hommes.
En 1896, commence en Californie une vague d’OVNIs qui s’étalera sur l’ensemble du Mid-West américain jusqu’en avril 1897, générant plus de 4’000 témoignages. Provenant de citadins, de paysans, d’indigènes, d’individus plus ou moins cultivés, les comptes rendus sont homogènes : tous décrivent des engins oblongs, généralement munis d’ailes et de phares, se déplaçant de nuit, puissamment éclairés. Les performances aéronautiques de ces engins, surnommés « dirigeables fantômes », sont calquées sur nos OVNIs contemporains : virages à angles droits, accélérations brutales, etc… Les effets sur l’environnement rappellent également nos « soucoupes volantes » actuelles : réactions de panique des animaux ou effets électromagnétiques. C’est à Wroxham, Angleterre, le 19 mai 1909, qu’un « dirigeable » similaire mit en panne le phare de la moto d’un témoin, qui fut ensuite baigné durant une trentaine de secondes dans un faisceau lumineux éblouissant.
Ces « dirigeables fantômes », apparus en 1896 aux Etats-Unis ou en 1909 au Royaume-Uni ainsi qu’en Nouvelle-Zélande, ont des propriétés aéronautiques, des comportements et des effets sur l’environnement absolument identiques aux OVNIs contemporains.
Certains chercheurs ont essayé d’attribuer ces observations à des prototypes inventés par des inventeurs restés secrets. Il s’agit là d’une hypothèse hasardeuse, voire boiteuse : d’abord, les manuels d’histoires aéronautiques enseignent que les performances des aérostats de l’époque étaient tout juste bon à décoller pour s’écraser 50 mètres plus loin. Aussi, dans l’impossible éventualité d’une telle invention, on saisit mal l’intérêt de garder un tel aérostat à jamais secret. Car suffisamment d’individus peu scrupuleux ont essayé de revendiquer la paternité du « dirigeable fantôme », sans produire les preuves accréditant leurs présomptions. En résumé, ces engins n’étaient pas d’origine humaine. Mieux, avec le recul historique, nous pouvons affirmé qu’ils relèvent du phénomène OVNI, tel que nous le connaissons depuis 1947.
Le recul historique nous enseigne également que ces « dirigeables » étaient concevables pour les gens de l’époque, mais ne le sont plus actuellement. Si des ailes pouvaient être concevables à l’époque, nous savons aujourd’hui qu’il s’agit d’une aberration technique : elles ne sont d’aucune utilité pour des aérostats. Pour preuve, aucun dirigeable – européen ou américain – n’a jamais été équipé d’ailes.
Jacques Vallée remarque que « le navire aérien correspondait au concept populaire de machine volante sophistiquée : il avait des roues, des turbines, des ailes, des lumières puissantes ».
Il s’agit donc d’OVNIs en phase avec les représentations de l’époque : s’ils semblaient vraisemblables à nos ancêtres, leurs propriétés aéronautiques n’étaient d’aucune valeur. Bref, l’apparence prime sur le fonctionnel. « Si le bateau aérien pouvait paraître vrai aux témoins de 1897, il ne peut plus l’être pour nous maintenant » résume Jacques Vallée.
Pour rendre compte de l’apparence des dirigeables fantômes, certains chercheurs ont avancé des concepts empruntés à la psychologie. Ainsi, les témoins auraient observé des stimuli visuels inexpliqués que leur cerveau n’aurait pas réussi à traiter convenablement. Sujets à une « insuffisance cognitive », ils auraient alors projeté sur ces stimuli inconnus leurs représentations conscientes et inconscientes. Ce serait la « transformation projective », qui expliquerait la forme prise par ces « dirigeables ». Cette tentative, comme je l’ai démontré dans mon ouvrage OVNIs : Les Agents du Changement, ne résiste pas à l’analyse. D’abord, parce que le concept d’ « insuffisance cognitive » est loin d’avoir été prouvé. Ensuite, parce que les représentations conscientes et inconscientes ne peuvent rendre compte des observations :
- La pénétration insuffisante du réseau de communication et le faible taux d’alphabétisation de 1897 excluent une propagation partagée de la représentation consciente du dirigeable fantôme au sein d’une population essentiellement rurale ;
- L’homogénéité des descriptions exclue la formation d’une représentation inconsciente du dirigeable, dont l’émergence localisée dans l’espace et le temps constituerait un mystère supplémentaire.
En résumé, l’apparence des « dirigeables fantômes » de 1897 n’est pas la conséquence d’obscurs mécanismes psychologiques ou sociologiques mais relève bien d’une volonté du phénomène OVNI. Car il s’agit d’OVNIs, comme le prouvent les performances de vol, les effets sur les témoins, la faune et l’environnement. Donc, les OVNIs ont délibérément emprunté la forme de « dirigeables » en 1897.
À y regarder de plus près, le phénomène OVNI est coutumier d’une sorte de « travestissement formel », l’autorisant à refléter le Zeitgeist de l’époque dans laquelle il se manifeste :
- En 1934, la vague d’« aéroplanes fantômes » ou de « faux avions » sur les pays scandinaves fait écho à l’âge d’or de l’aviation ;
- En 1946 se déroule une vague de « fusées fantômes » au-dessus de la Scandinavie : ces OVNIs en forme de fusée sont en phase avec l’air du temps empreint de la psychose des fusées V-1 et V-2 utilisées par les nazis au terme de la Deuxième Guerre mondiale ;
- Durant les années 50, et particulièrement lors de la vague française de 1954, de nombreux « cigares volants » sont signalés, suggérant le boom des gros cargos des années 50 et 60 ;
- Nous trouvons des OVNIs en forme de « saturne » au milieu et fin des années 60, comme pour célébrer l’intérêt grandissant du public pour l’espace et l’astrologie ;
- Le début des années 80 voit l’entrée en scène des premiers OVNIs triangulaires au moment où l’industrie militaire américain ressuscite le concept d’aile volante. La première vague de triangles volants se déroule en 1982-1984 dans la région de Hudson Valley. Dès lors, les observations se succèdent, avec des observations à Puerto Rico en 1988, et en Belgique en 1989. La Russie sera visitée en 1990. Puis, ce sera au tour du Japon en 1991 et 1992. L’Angleterre verra une intense activité se dérouler dans la deuxième moitié des années 90, avec un pic en 1993 et 1997.
Ce bref survol illustre la plasticité du phénomène OVNI à travers les époques. Un examen rigoureux et objectif des données ne laisse planer aucun doute sur l’existence de cette plasticité. Or, de nombreux ufologues préfèrent ignorer cette composante du phénomène. Et pourquoi ? Parce qu’elle ne s’accorde pas avec le cadre théorique de l’hypothèse extraterrestre (HET) qu’ils défendent.
Par exemple, les occupants des « dirigeables fantômes » furent observés à de nombreuses occasions au cours de la vague de 1897. Ils n’étaient pas « extraterrestres », mais ressemblaient à n’importe quel être humain. Rien, dans leur comportement, ne laissait présager qu’ils étaient d’origines extraterrestres.
Ces constats – ces faits, devrais-je dire – détonnent dans le paysage ufologique de l’HET. En conséquence, les « chercheurs » favorables à l’HET mettent la vague de 1897 entre parenthèse, tendent à ignorer les faits qui se heurtent à leur Weltbild ufologique et souscrivent aux informations qui confortent leurs idées préconçues. La question du mimétisme OVNI bouscule l’HET. Voilà pourquoi la question du « mimétisme OVNI » est un sujet tabou.
Le « mimétisme OVNI » illustre la capacité adaptative du phénomène OVNI, qui est continuellement en phase avec le Zeitgeist. Il montre également que le phénomène puise dans nos conceptions pour régler ses manifestations. Le phénomène est donc capable d’apprendre, de traiter l’information provenant de l’environnement et de modifier son apparence quand la situation l’exige. En somme, il accumule de l’information, la met en mémoire, la traite, lui donne une forme appropriée, modifie son comportement général et ses actions particulières.
Le mimétisme est un mécanisme adaptatif que l’on trouve dans la nature, à tous les stades de développement phylogénétique. Les spécialistes identifient deux types de mimétisme : le mimétisme instinctif et le mimétisme intelligent. Ils servent à se camoufler, à leurrer les prédateurs ou attirer des proies.
Tout indique que le phénomène OVNI recourt au mimétisme afin de se camoufler et de tromper les témoins. Sa plasticité lui permet de mimer aéronefs, corps célestes et toutes sortes de phénomènes présents dans nos cieux.
Susceptible de passer inaperçue auprès d’observateurs non avertis, l’imitation n’est toutefois rarement parfaite. Ces imitations sont donc détectables.
Prenons le cas des « faux avions ». Feu Pierre Vieroudy, ufologue français, a dressé leur portrait robot :
« Le “ faux avion ” est presque toujours constitué d’un gros feu orange imitant les phares de piste, auquel s’ajoutent différents “ feux de position ” qui, du reste, ne respectent jamais les normes en vigueur.
Ils peuvent être rouges, jaunes, blancs, verts, bleus, fixes ou clignotants et ne correspond à rien de précis. Enfin, détail capital, le gros feu orange représentant les phares de piste peut aussi bien se trouver à l’avant, à l’arrière ou au milieu des “ feux de position ”, alors que sur un avion il se trouve bien sûr toujours à l’avant. La vitesse de ces faux avions est toujours très lente, parfois quelques dizaines de kilomètres à l’heure, et le demi-tour sur place très fréquent »5.
Je pourrais multiplier les comptes rendus de « faux hélicoptères » ou de « faux avions » à l’infini. Je ne le ferai pas, car c’est fastidieux et pénible à la lecture. Toutefois, je souhaite attirer l’attention du lecteur sur deux éléments :
1. Le scientifique Bruce Cornet, qui a observé de tels engins, a réussi à les filmer. Au moyen d’instruments d’analyses modernes, il a pu montrer, de manière scientifique que les lumières de l’avion ne sont pas des phares mais des boules de plasma. Aussi, il m’a assuré que « les résultats de mes recherches montrent qu’un champ magnétique important entoure ces engins ».
2. Ces imitations d’aéronefs ont d’ailleurs été photographiées et filmées à plusieurs reprises. Il existe d’ailleurs des vidéos montrant des « hélicoptères » se transformant en « disque » ou en « boule de lumière ».
À la fin des années 60, de « faux hélicoptères », apparemment impliqués dans des affaires de mutilations de bétail, avaient suscité l’émoi du Pentagone. Ainsi, le colonel George P. Freeman, porte-parole du Pentagone, s’est exprimé sur ces engins en 1967. Un article de la presse de l’époque relatait que « Freeman a émis des commentaires sur les nombreux appareils aériens sans matricule et volant à très basse altitude qui ont été observés récemment. “ Tous les avions de l’Armée de l’air portent un matricule. Nous ne savons absolument rien sur ces appareils sans marques d’identification (…) ”. De nombreux témoins jurent avoir vu plusieurs hélicoptères de l’Armée de l’air effectuer des manoeuvres au-dessus du bassin de retenue de Wanaque, juste après l’observation d’un OVNI en octobre dernier. Freeman a déclaré que des vérifications approfondies avaient été faites et qu’aucune formation d’hélicoptères n’avait été envoyée dans ce secteur à ce moment-là ».
Dans mon ouvrage OVNIs : Les Agents du Changement, j’ai montré, à l’aide de plusieurs exemples, que l’extrême sophistication du mimétisme OVNI relève d’un « mimétisme intelligent », que les spécialistes appellent l’ « imitation ». L’analyse des données montre que le phénomène n’imite pas n’importe quoi, n’importe quand et n’importe comment. La vague d’OVNIs qui s’est produite au moment même de la rentrée atmosphérique du 5 novembre 1990 en est une des illustrations les plus flagrantes. Le phénomène cherche apparemment à se manifester, mais dans la clandestinité. En se « noyant » dans la rentrée atmosphérique, il cherche délibérément à se camoufler, donc à tromper.
Tromper équivaut à induire quelqu’un en erreur quant aux faits ou quant à ses intentions, en usant de mensonges, de dissimulations ou de ruses.
Pour tromper, il est nécessaire de disposer de facultés mentales qui se situent à des stades de complexité différents selon la falsification mise en oeuvre. Le psychologue Mitchell distingue quatre niveaux de tromperie :
- Aux niveaux I et II, la tromperie est génétiquement programmée. Il s’agit, par exemple, de l’animal dont l’apparence se confond avec l’environnement immédiat. On parle ici de camouflage ;
- Le niveau III est basé sur l’apprentissage. Il s’agit d’un acte intentionnel, planifié sans intention véritable de tromper. Le chien qui boite pour se faire porter en est un exemple ;
- Au niveau IV, l’émetteur a l’intention d’induire chez le récepteur une croyance qu’il juge comme fausse.
Divers incidents, dont l’affaire du « parasitage » de la rentrée atmosphérique du 5 novembre, indiquent que le phénomène OVNI pratique une tromperie consciente, de type du niveau IV, qui relève du mensonge et de la dissimulation intentionnelle. Mentir exige les capacités suivantes :
- la construction du mensonge : une capacité de raisonnement ;
- l’élaboration : la capacité à combiner ses propres moyens pour arriver au but visé ;
- la prise de distance : pouvoir se représenter les individus ou les choses non-présentes sous ses yeux ;
- la construction d’hypothèses : être capable d’imaginer plusieurs situations possibles ;
- la décentration : être capable de se mettre à la place de l’autre et d’anticiper les réactions de la cible ainsi que son niveau de crédulité.
Comme l’a souligné l’ufologue Jenny Randles, le « mimétisme OVNI » est un fait indiscutable. Il suggère que les apparences sont trompeuses. Qu’il n’est peut-être pas davantage question de « dirigeables fantômes » que de « soucoupes volantes », et que le phénomène OVNI relève plutôt d’une forme d’intelligence maîtresse de l’adaptation et de l’illusion.
Pour conclure, j’observe que la vague de « dirigeables volants » de 1897, les « avions fantômes » de 1934 ou les « triangles volants » actuels illustrent la faculté mimétique des OVNIs. Le mimétisme constitue le principal outil de mystification des manifestations OVNIs. Or, le mimétisme est un moyen de sélection et d’adaptation que l’on rencontre dans toute la chaîne du vivant. Il s’agit d’un stratagème propre à Mère Nature. Un indice qui parle en faveur de la résolution du mystère ?